Sciences - Savoirs

Un fossile vieux de 551 millions d’années bouscule l’histoire des premiers animaux

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Empreinte de fossile édiacarien vieux de 551 millions d'années
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Un fossile vieux de 551 millions d’années vient d’être découvert à Terre-Neuve, sur la côte est du Canada, et il pourrait rebattre les cartes de ce que l’on sait des tout premiers animaux de la planète. La trouvaille a été faite par Heléna Muirhead-Hunt, étudiante en paléobiologie à l’université Memorial, sur le site d’Inner Meadow, près d’Upper Island Cove, dans la baie de la Conception.

Un site exceptionnel pour les organismes à corps mou

Cette région de Terre-Neuve est déjà connue des paléontologues pour avoir livré de nombreux fossiles de l’ère édiacarienne, cette période qui a précédé l’explosion cambrienne et qui rassemble certains des tout premiers organismes complexes connus sur Terre. Ce qui rend ces gisements si précieux, c’est la conservation exceptionnelle d’organismes à corps mou, normalement trop fragiles pour laisser une empreinte après des centaines de millions d’années. Le nouveau fossile s’ajoute à cette collection déjà riche et pourrait bien être l’une des pièces les plus intéressantes trouvées sur le site ces dernières années.

Un cousin lointain des cténophores ?

Selon le professeur Duncan McIlroy, chercheur à l’université Memorial, la morphologie de l’organisme rappelle celle des cténophores, ces animaux marins translucides et gélatineux qui se déplacent grâce à des rangées de cils vibratiles produisant des reflets irisés caractéristiques. L’équipe envisage qu’il puisse s’agir d’un octénophore basal, provisoirement nommé Edrathina obditchia. Si cette hypothèse se confirme, la découverte apporterait un chaînon supplémentaire pour comprendre comment les tout premiers animaux à symétrie corporelle complexe sont apparus, bien avant l’explosion de biodiversité du Cambrien.

Pourquoi cette découverte compte

Les scientifiques peinent encore à dater précisément l’apparition des premiers animaux sur Terre et à reconstituer l’arbre généalogique du vivant à cette époque reculée. Chaque fossile édiacarien bien conservé permet d’affiner ce calendrier et de mieux comprendre les formes de vie qui existaient juste avant l’explosion cambrienne, lorsque la quasi-totalité des grands groupes animaux actuels ont émergé en quelques millions d’années seulement. Un peu comme les scientifiques traquent aujourd’hui l’évolution d’espèces bien plus récentes et visibles sur notre territoire, à l’image de la loutre d’Europe qui reconquiert les rivières françaises, les paléontologues cherchent à retracer, strate après strate, l’histoire du vivant jusqu’à ses tout premiers représentants.

Ce type de découverte illustre aussi combien la science progresse souvent par petites touches : de la même manière qu’une équipe de recherche a récemment identifié une bactérie intestinale capable d’imiter l’effet d’un médicament contre le diabète, c’est l’observation minutieuse d’un organisme ancien, presque invisible à l’œil nu sur la roche, qui permet ici de faire avancer la compréhension de l’évolution animale.

Une faune ancienne, un suivi qui reste d’actualité

Si les fossiles édiacariens racontent l’histoire des tout premiers animaux, le suivi des espèces reste un sujet bien vivant aujourd’hui : en France, la progression de certaines espèces fait aussi l’objet d’une surveillance attentive, comme c’est le cas du moustique tigre, dont l’expansion est suivie de près par les autorités sanitaires. Du fossile vieux de 551 millions d’années à l’espèce qui s’installe aujourd’hui dans nos jardins, c’est la même démarche scientifique d’observation qui permet de comprendre le vivant dans la durée.

Questions fréquentes

Où ce fossile a-t-il été découvert ?

Il a été trouvé à Inner Meadow, près d’Upper Island Cove, dans la baie de la Conception à Terre-Neuve (Canada), un site réputé pour la conservation exceptionnelle de fossiles de l’ère édiacarienne.

Qu’est-ce que l’ère édiacarienne ?

C’est une période géologique qui a précédé l’explosion cambrienne, durant laquelle sont apparus certains des tout premiers organismes complexes connus sur Terre, souvent à corps mou.

À quel animal actuel ce fossile pourrait-il être comparé ?

Les chercheurs évoquent une ressemblance avec les cténophores, des animaux marins translucides se déplaçant grâce à des cils vibratiles, et envisagent qu’il s’agisse d’un octénophore basal.

Sources

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Aurèle Delcroix
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